Vingt ans après avoir sacrifié l’amphibie sur l’autel de la protection, la Belgique l’a réintégré comme exigence non négociable dans le VBAE. La France a suivi. Mais cette convergence cache un vrai problème : peut-on sérieusement demander à un véhicule de 8 à 9 tonnes de franchir une coupure humide, de protéger son équipage et de rester tactiquement pertinent face à une menace haute intensité ? La réponse, si on l’examine honnêtement, impose de repenser l’équation dans sa globalité.

L’amphibie sacrifié : un choix rationnel devenu un angle mort

Dans les années 2000, l’abandon de la capacité amphibie était cohérent. Les opérations extérieures asymétriques primaient. La protection des équipages face aux engins explosifs improvisés justifiait d’alourdir les véhicules. Le VBL payait ce tribut. Mais la menace a changé. Le retour des conflits de haute intensité en Europe, avec ses fleuves, ses zones inondables et ses coupures humides, a transformé cette lacune capacitaire en angle mort stratégique. Ignorer le franchissement dans la conception du VBAE, c’est livrer un engin déjà dépassé à sa mise en service. C’est ce constat qu’APERIAM CONSEILS documente depuis plusieurs années dans son analyse des besoins opérationnels du MinArm.

Vouloir tout mettre dans un seul véhicule, c’est accepter d’obtenir un engin médiocre sur tous les plans. Le compromis n’est pas une solution : c’est une impasse industrielle et tactique.

Dissocier le franchissement du véhicule de combat : la piste sérieuse

Le faux dilemme entre amphibie et protection doit être dépassé. La réponse n’est pas dans le blindé lui-même. Elle est dans la dissociation des fonctions. Un moyen de franchissement autonome, léger, projetable, conçu indépendamment du VBAE, résout l’équation sans sacrifier ni la protection ni la mobilité. La dronisation accélère cette logique : si la reconnaissance peut être déportée sur des systèmes non habités, la nécessité d’exposer un véhicule blindé habité à une traversée amphibie s’en trouve radicalement réduite. Robot de reconnaissance tout-terrain, drone de surveillance de berge, engin de franchissement téléopéré : ces segments existent, ils sont sous-investis, et la demande opérationnelle est réelle.

Pour les industriels, une fenêtre d’opportunité étroite

La refonte du besoin VBAE ouvre des niches concrètes : engins de franchissement légers et autonomes, systèmes de traversée déployables par un équipage réduit, robots de reconnaissance tout-terrain capables d’opérer en zone humide. Ces marchés émergents ne seront pas adressés par les grands programmes structurants. Ils appellent des acteurs agiles, capables de se positionner avant que le Document Unique de Besoin ne ferme les fenêtres. Entre OCCAr, DGA et états-majors, les circuits décisionnels sont complexes. Savoir où frapper, et quand, fait toute la différence.

Identifier les segments industriels ouverts par cette refonte du besoin, cartographier les acteurs décisionnels entre OCCAr, DGA et états-majors, et positionner une offre avant que les arbitrages ne soient rendus : c’est précisément ce type d’analyse que conduit APERIAM CONSEILS pour les entreprises qui veulent saisir ces opportunités avant 2027.

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