38 ans de coopération franco-allemande en matière de défense, et un médiateur qui conclut qu’un avion de combat commun n’est plus possible : l’échec du SCAF ne surprend que ceux qui refusaient de lire les signaux accumulés depuis 2021. Pour APERIAM CONSEILS, qui suit ces dossiers depuis les circuits décisionnels du MinArm, la conclusion du Handelsblatt n’est pas un accident diplomatique. C’est l’aboutissement logique d’une incompatibilité structurelle que personne n’a voulu trancher à temps.
SCAF : une médiation condamnée avant d’avoir commencé
Les points de blocage étaient connus, documentés, et non négociables. La question du maître d’œuvre opposait Dassault Aviation et Airbus sur un principe simple : qui dirige le programme ? Paris défendait une gouvernance claire, avec Dassault en architecte de système. Berlin exigeait une cogestion industrielle à parité. Ces deux positions ne sont pas des postures de négociation. Ce sont des doctrines industrielles incompatibles. Ajouter un médiateur entre elles ne change pas la géométrie du problème. Cela en retarde seulement le constat.
Un programme d’armement ne se négocie pas comme un accord commercial. Quand les exigences opérationnelles divergent, aucune architecture de gouvernance ne peut combler l’écart.
Nucléaire et porte-avions : les lignes rouges que Berlin n’a jamais vraiment acceptées
Le NGF doit emporter l’arme nucléaire. Il doit apponter sur le porte-avions Charles de Gaulle et son successeur. Ces deux contraintes ne sont pas des caprices de Dassault : ce sont des exigences de souveraineté française, inscrites dans la doctrine de dissuasion nucléaire et dans la stratégie de projection maritime. La Bundeswehr ne partage ni l’une ni l’autre. Concevoir un avion de combat commun autour de ces deux impératifs revient à demander à l’Allemagne de financer une capacité qu’elle n’utilisera jamais et qu’elle ne contrôlera pas. La coopération européenne a des limites. Elles s’appellent souveraineté industrielle.
NGF franco-français : une fenêtre à saisir maintenant
La bifurcation, si elle se confirme, recompose entièrement les circuits de décision DGA. Un programme national crée un marché captif, des appels d’offres ciblés, et une relation directe entre les besoins opérationnels des armées et les industriels français positionnés sur les briques critiques : matériaux composites, optronique, IA embarquée, liaisons de données sécurisées. Les ETI et PME françaises qui travaillent déjà sur ces segments ont une fenêtre d’accès qui ne durera pas. Les cahiers des charges se construisent maintenant, avant même que les programmes soient officiellement lancés. Attendre la publication des appels d’offres, c’est déjà être en retard.
La recomposition des circuits décisionnels DGA autour d’un NGF franco-français redéfinit les opportunités pour les industriels positionnés sur les briques critiques. Cartographier ces nouveaux accès et construire des offres adaptées au futur cahier des charges français, c’est précisément ce qu’APERIAM CONSEILS accompagne.






